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Blue Note

  • Années de publication: 2013 à 2014
  • Éditeur: Dargaud
  • Nombre de tomes: 2
  • Format: 70 pages
  • Scénariste: Mathieu Mariolle
  • Dessinateur: Mickael Bourgoin
  • Coloriste: Mickael Bourgoin

De quoi ça parle?

Jack Doyle avait raccroché les gants, mais voilà qu’un vieil ami le convint de sortir de sa retraite pour un dernier match. Il retourne donc à New-York et retrouve sa faune locale : mafieux, gros bras et joueurs de blues alors que d’ici un mois la prohibition tirera sa révérence. Il y croisera Ray Johnson (R.J.) jeune guitariste talentueux qui est venu faire carrière à la ville.

Sur le ring, pour Jack, seul son adversaire existe. Jusqu’à ce qu’il morde la poussière.

Et alors, t’as aimé?

Ce diptyque est structuré d’une façon plutôt original. En effet, dans le premier tome, l’intrigue est focalisée sur le destin du boxeur, R.J. n’étant qu’un élément intrigant du décor. On le croise au détour de quelques cases, être mystérieux, guitare en main, semblant produire une musique puissante et magique. Mais lors de ce premier tome, il semble se passer beaucoup de choses qui ne sont pas racontées au lecteur. Et c’est lors du second tome qui lui va se concentrer sur R.J. et son arrivée en ville que nous aurons alors une vue complète de l’intrigue et ses rebondissements. C’est une manière très astucieuse de raconter deux parcours que rien ne semblent lier et qui finalement s’influenceront l’un l’autre.

Les emmerdes ont vite fait de rattraper Jack

Outre cette structure originale, on a le droit à deux bonnes histoires où se mélangent ambition, magouilles, pègre et violence. Ce n’est peut-être pas ce qui fait de plus original dans le genre, mais c’est diablement efficace et on a des personnages qui ne sont finalement pas si uniformes que le genre l’exige. Comme ce chef mafieux, aussi violent et mauvais qu’il éprouve une passion sincère pour la bonne musique. C’est ce qui donne de la chaire au personnage et donc de l’intensité à ce récit noir et violent.

Et que dire de la partie graphique, je découvre avec cette BD, le dessin de Mickael Bourgoin et c’est un gros coup de foudre. Il a un talent fou pour créer de sacrée gueules et leur donner vie. La composition de ces planches est toujours pertinentes et il utilise la mise en couleurs avec brio pour donner l’atmosphère nécessaire à chaque scène et renforcer leur impact. Et les planches où R.J. joue de sa guitare sont une merveille de puissance et de douceur, le temps semblant suspendu et en tendant l’oreille, on pourrait presque entendre claquer les accords. C’est bien dommage qu’un artiste de ce talent semble s’être retiré du monde de la BD, n’ayant plus rien sorti depuis 2014.

R.J. ensorcèle son public

D’après Wikipedia, « la note bleue est utilisée par les musiciens et les chanteurs de blues et de jazz à des fins expressives, pour illustrer la nostalgie ou la tristesse lors de la narration d’une histoire personnelle ». Voilà qui résume idéalement ce récit et le sentiment qu’il procure.

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