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Adventureman T.1

  • Année de publication: 2021
  • Éditeur : Glénat (Image comics pour la VO)
  • Tomes : 1 (En cours)
  • Nombre de pages : 160 pages
  • Scénariste: Matt Fraction
  • Dessinateurs: Terry et Rachel Dodson

De quoi ça parle?

Le dernier tome d’Adventureman se conclut sur le héros à la merci du Baron Bizarre. Tommy, le fils de Claire est plutôt frustré de cette fin, tout sauf satisfaisante d’une série de romans pulp. Mais voilà que Claire commence à observer des choses étranges dans notre monde bien à nous.

Et alors, t’as aimé?

Une générosité débordante et plantureuse

Matt Fraction est un scénariste que j’apprécie beaucoup. Il a réussi avec Alexandre Aja, dans le cadre très formaté de l’univers Marvel, a réalisé une oeuvre forte et originale comme Hawkeye qui utilisait à fond les possibilités du média pour nous livrer le récit d’un héros en plein doute. Chez Image, avec plus de liberté, il a écrit Sex Criminals, une BD où les héros peuvent stopper le temps quand ils atteignent l’orgasme. Quand aux Dodson (Monsieur dessine, madame encre), les dessins mis en illustration de cet article parlent d’eux-même. Un scénariste et des artistes de talent pour une histoire sentant le pulp, il ne m’en fallait pas plus pour sauter ce premier tome.

Les auteurs décident de lâcher leur lecteur en plein milieu de l’apocalypse, on y découvre sans plus de cérémonie Adventureman et ses compagnons puis son ennemi le Baron Bizarre et ses acolytes. En quelques pages, on découvre ainsi un univers, une dizaine de personnages, leurs capacités et les relations qui les unissent. Fraction et Dodson ne prennent pas le risque de faire trainer leur intrigue et abreuvent le lecteur d’informations. On a ainsi parfois l’impression qu’ils ont voulu mettre le plus de choses possibles de peur de ne jamais avoir l’opportunité d’écrire la suite. Mais c’est fait avec beaucoup de talent pour que ça ne freine pas l’action en étant trop verbeux ou confus. La suite sera du même acabit quand on découvrira Claire et ses 6 soeurs au cours d’un repas fort animé. Il y a donc ces scènes d’exposition assez marquantes, mais aussi des détails ou informations lâchés au détour d’une case ou d’un dialoque qui permettent au fil des pages de commencer à reconstituer le passé de l’héroïne sans que cela soit ostensiblement appuyé. Au niveau de la construction des personnages et de l’exposition, ce premier tome est, pour moi, un sans faute. On ne s’ennuie pas, on découvre l’univers dans l’action et l’intrigue expose clairement ces enjeux et ambitions pour donner envie de lire la suite. D’ailleurs, cette grande générosité pourrait être à la limite de l’indigeste pour le lecteur. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié à la lecture puis à la relecture ce mélange des genres. On a d’un côté du fantastique mystérieux et spectaculaire, de l’autre une réalité tout aussi animée dans laquelle notre jeune maman mal dans sa peau. On y retrouve un peu ce qui fait le charme des Quatre Fantastiques quand ils sont bien écrits.

Graphiquement les planches de Dodson sont comme attendues superbes. Ce que j’aime beaucoup chez cet artiste, c’est ce souci de livrer de belles compositions. Il organise ces planches, son décor, les détails pour que la planche ait une certaine esthétique qui semble puiser son inspiration dans le travail d’Alfons Mucha. D’autres artistes le font aussi, mais cela se fait parfois au détriment de la lisibilité de l’histoire. Mais Dodson ne tombe pas dans cet écueil et son découpage reste parfaitement lisible et on est jamais perdu dans la profusion visuelle. A noter, également, le très joli travail de lettrage qui complète la beauté de ce premier tome comme ces onomatopées qui finissent par noyer Claire sous le bruit. Avec de nombreux personnages féminins, il évite le piège des dessinateurs de jolies madames qui bien souvent les dessinent toute à partir d’un même moule. Ici, on a des morphologies, des looks bien différents. Chacune est bien identifiable même si elle n’apparait que brièvement.

Dans les notes de Fraction à la fin du tome, on voit que les auteurs ont plein de projets pour tout ce beau petit monde. J’espère que les chiffres de vente aux US permettront à la série de continuer. En tout cas, je vous encourage à donner sa chance à cette nouvelle série, surtout que Glénat lui offre une très belle édition.

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