O’Boys

Huck, un jeune blanc part sur les routes américaines en compagnie de Charley un guitariste noir.
Pris sans grande conviction dans le rayonnage de la bibliothèque car ça sentait un peu la BD à papa, j’ai été vraiment agréablement surpris par cette histoire complète en 3 tomes. Elle nous emmène dans un roadtrip à travers les Etats-Unis des années 30. Un contexte bien particulier pour un enfant blanc accompagné d’un adulte noir. Les auteurs vont ainsi s’attarder sur le racisme subi par les Noirs mais aussi s’intéresser à la misère sociale, aux luttes syndicales. Ça s’est pour la partir sociale de la BD. Mais en parallèle, on découvrira aussi le monde du blues, des joints où les gens se réunissent pour écouter cette musique. Et comme nos personnages vont beaucoup bourlinguer sans nécessairement en avoir les moyens, c’est aussi toute la culture hobos que nous apprendront à découvrir à leur côté. Concernant les personnages, je n’ai pas spécialement apprécié le caractère du jeune héros que je trouvais un poil agaçant. Alors que Charley m’a paru beaucoup plus intéressant avec ses rêves et ses démons. Mais n’étant finalement qu’un personnage secondaire, il n’a pas été assez creusé à mon goût.
Au niveau du dessin, Steve Cuzor est un artiste solide dans la lignée de Jean Giraud l’auteur de Blueberry. Il a su donner vie aux personnages et aux superbes décors qu’ils ont pu parcourir. Que ce soit le Mississippi en cru, ou les rues de Memphis, on avait l’impression d’y être.
O’Boys est une lecture riche et bien rythmée donc la lecture est recommandée si l’univers des hobos et des années 30 vous intéressent.