No other choice

Après avoir perdu son emploi, un père de famille va éliminer les candidats qui pourraient lui voler son prochain poste.
Si le pitch vous semble familier, c’est probablement parce que le roman de Westlake, Le Couperet, a déjà été adapté avec José Garcia, il y a fort longtemps. J’étais personnellement très curieux de découvrir l’interprétation coréenne de Park Chan-woo. Grand admirateur du réalisateur d’Old Boy, je vous avais également parlé de son excellent JSA, dans lequel jouait déjà Lee Byung-hun, qui tient ici le rôle principal.
Les gens qui n’apprécient pas le côté grandiloquent de la réalisation du Coréen ne vont certainement pas être convaincus avec ce film. La caméra virevolte, les plans originaux s’enchaînent et le réalisateur utilise plein d’effets de mise en scène tapageurs pour appuyer et rythmer son film qui enchaîne les scènes au pas de charge. Le film est une pure comédie noire où les scènes violentes sont traitées avec énormément de dérision, transformant les personnages en héros de cartoon. Ce traitement permet de garder une forme d’attachement pour un héros qui, se pensant acculé, enchaîne les mauvaises décisions et actions. Le titre du film renvoie d’ailleurs à cette impression du héros qui pense qu’il est dans une impasse et n’a que le meurtre comme solution pour sauver son mariage. Car No other choice est aussi une très belle histoire d’amour entre le héros et sa femme. Il semblerait d’ailleurs que, par rapport au roman, le réalisateur ait voulu vraiment étoffer ce personnage féminin pour lui donner plus d’épaisseur et une vraie intrigue. Elle n’est pas juste un élément narratif au parcours du héros, mais elle est un personnage à part entière qui essaye aussi de gérer cette situation.
Le film a parfois été comparé au Parasite de Bong Joon-ho et je pense qu’elle est assez trompeuse. En effet, je ne trouve pas que le propos social de No Other Choice soit son point fort. On voit bien quelques scènes montrant le traumatisme que peut causer une perte d’emploi, l’infantilisation de ceux qu’on veut recaser. Mais c’est un propos assez universel qui ne me semble pas être propre à la Corée du Sud comme pouvait l’être Parasite. Attention, je ne dis pas que c’est un défaut, j’ai adoré le film. Non, le film s’intéresse vraiment aux errements d’un héros qui, alors que ses victimes ne sont que des reflets de lui-même, ne comprend pas à quel point il fait fausse route.