Project Hail Mary

Un homme se réveille à bord d’un vaisseau spatial au milieu de nulle part, sans souvenir. Il ferait mieux de retrouver la mémoire, car il doit sauver le monde.
Au premier abord, la bande-annonce du film ne me faisait pas spécialement envie. Mais les critiques dithyrambiques sur Letterboxd ont commencé à titiller ma curiosité. Puis, quand j’ai vu que le film était réalisé par Lord et Miller, qui ont signé *Tempête de boulettes géantes* et *21 Jump Street*, entre autres, j’étais définitivement intrigué.
D’un point de vue formel, *Project Hail Mary* fait partie du haut du panier en termes de blockbusters. L’image est très belle, avec une lumière particulièrement soignée. On est très loin de la soupe numérique habituelle et de sa photo fade. Même si le film n’est pas généreux en décors exotiques, on sent que du soin a été apporté. Je suis moins convaincu par le rendu de l’habitat du collègue rocailleux du héros, mais c’est une question de goût. Pemberton est à la musique, et c’est, comme d’habitude, très bien – même s’il lorgne parfois un peu du côté de Zimmer et d’*Interstellar*. C’est en tout cas une BO que je pense écouter régulièrement. Au niveau de la réalisation, j’ai beaucoup aimé les mouvements de bascule de la caméra, qui accompagnent les émotions du héros. Il y a aussi, apparemment, tout un jeu de ratios d’écran quand on le découvre en IMAX, mais je n’ai pas pu le vérifier de mes propres yeux. Bref, Lord et Miller ont soigné l’emballage de leur histoire. Mais que vaut l’histoire ?
Elle est adaptée d’un roman d’Andy Weir, l’auteur qui avait également écrit *Seul sur Mars*. Dans les deux histoires, on retrouve un homme isolé dans l’espace, sans grand espoir de survie. Mais surtout, dans les deux films, on retrouve aussi beaucoup d’humour. Si ça m’avait plutôt plu dans *Seul sur Mars*, j’ai trouvé que, ici, ça desservait souvent le film. Ça lui donne un côté cool, mais ça met aussi une distance entre le spectateur et le héros. Tous les personnages y vont de leur petite vanne, ce qui désamorce tout, comme dans les Marvel. Si c’est fait avec plus de talent ici, je trouve que c’est une facilité et une vraie faiblesse pour un film qui aurait pu tenter de décrocher sa place parmi les références de la SF. Bon, maintenant que j’ai évoqué le côté négatif, je vais conclure sur tous les aspects positifs du film. J’ai beaucoup aimé le montage, qui alterne entre le présent du héros et les différents flashbacks menant à son départ. C’est classique, mais je trouve que ça sert bien le film et le parcours du personnage. Et, bien évidemment, comme tout le monde, j’ai beaucoup aimé la relation qu’il noue avec Rocky, l’extraterrestre rocailleux. J’aime toujours quand deux cultures, deux espèces totalement différentes lient amitié en apprenant à se découvrir. Et pour le coup, ici, l’humour fonctionne très bien et sert le film.
Au final, j’ai donc bien aimé *Project Hail Mary*, qui aurait mérité d’être amputé d’une vingtaine de minutes et d’une fin multiple inutile. Ce n’est pas, pour moi, le chef-d’œuvre que le train de la hype essaie de nous vendre, et je pense qu’avec le temps, l’emballement va se calmer. Mais c’est en tout cas une chouette proposition, qui mérite qu’on aille la voir en salle pour montrer que le public veut autre chose qu’une énième suite de franchise complètement rincée.