Master and Commander: De l’autre côté du monde

De pauvres et innocents corsaires français se font harceler par des Anglais.
Lors de sa sortie, il y a près de 20 ans, j’avais totalement snobé ce film. Je ne me souviens plus des raisons, mais voilà, ça arrive. Les années passent et la réputation du film semble prendre, chaque année, un peu plus de galons. Alors, au moment de passer une commande sur Metaluna, un petit clic et l’édition 4K était ajoutée au panier. Quelques semaines plus tard, il est tiré au sort lors du Cinémars. Alors, verdict ?
Il y a des films qui, dès les premières images, vous annoncent que vous allez voir quelque chose de beau et de rare. *Master and Commander* fait partie de cette catégorie. Le film s’ouvre sur une multitude de cordages en contre-jour, baignés d’une lumière dorée. C’est simple et très beau. Et ce n’est que le début. Le film a donc plus de 20 ans, et sa beauté plastique est incroyable. La photo est soignée, les décors sublimes, et je suis vraiment curieux de découvrir comment ils ont filmé les scènes de tempête, d’un réalisme saisissant et glaçant. On a vraiment l’impression d’être aux côtés de l’équipage qui grelotte et tente, tant bien que mal, de diriger ce bout de bois malmené par les lames de fond. Peter Weir réalise vraiment un tour de force en matière de réalisation. Au niveau du casting, Russell Crowe est impeccable en capitaine de navire : il possède à la fois le charisme et la rudesse nécessaires pour nous vendre son personnage. À l’instar de Paul Bettany, qui incarne avec beaucoup de justesse un docteur cultivé mais obstiné, servant de conscience à un capitaine orgueilleux et téméraire.

C’est d’ailleurs ce point de l’histoire qui sera mon principal reproche à un film bien sous tous rapports. Je trouve qu’il aurait dû plus creuser la psychologie du personnage de Russell Crowe, le pousser dans ses retranchements pour renforcer l’intensité dramatique d’un récit qui, bien que plein de péripéties et de scènes fortes, n’a pas totalement réussi à me faire vibrer. Peter Weir ne nous épargne pourtant pas les déboires d’un équipage poussé dans une chasse à l’homme folle et dangereuse. Mais peut-être qu’en prenant des détours, comme cette charmante découverte des Galápagos, ou parce qu’il n’y a pas vraiment de conséquences fortes pour les personnages principaux, la tension ne monte jamais à un point qui ferait passer le film de très bon à chef-d’œuvre. Comme vous le voyez, le film est déjà très fortement recommandé si, comme moi, vous aviez fait l’impasse dessus. Je le reverrai certainement quelques fois dans les prochaines années, ne serait-ce que pour la beauté des images ou la flamboyante chevelure de Russell.