Biguden t.1

Une jeune fille japonaise se retrouve échouée sur une plage bretonne et va se faire adopter par une famille du coin, dont une vieille mamie bigoudène.
Avec le petit qui grandit chaque jour un peu plus, je me dis qu’il va falloir que je me mette à jour sur la BD jeunesse. Car même s’il adore Spirou et Lucky Luke, ce serait bien qu’il découvre des BD qui ne datent pas du siècle dernier. Après avoir déambulé dans le rayon jeunesse de ma fameuse bibliothèque, j’ai jeté mon dévolu sur Biguden, qui semblait allier mes deux passions : le Japon et le beurre salé.
Ce premier tome est franchement convaincant. Il est peuplé de caractères hauts en couleur, qui ont tous un certain sens de la répartie. Cela donne des dialogues vivants et très drôles. La palme revenant à la grand-mère ronchonne. Quant à l’histoire générale, elle ouvre plein de pistes intéressantes pour la suite, que ce soit sur le passé de l’héroïne, mais aussi sur son futur et sa relation avec les créatures folkloriques qui peuplent cette Bretagne moderne. Mais outre l’aspect surnaturel, il y a aussi pas mal de fils à démêler entre les différents personnages, ce qui peut donner un aspect soap intéressant. Il y aurait même un petit côté frustrant, au moment d’arriver à la dernière case, de ne finalement pas en avoir plus.
Visuellement, le trait de Silas va à l’efficacité et au dynamisme. Les enfants ressemblent à des personnages chibi de manga à la sauce franco-belge, ce qui convient parfaitement pour exprimer les sentiments explosifs des personnages. Le bestiaire breton est plutôt réussi et varié, et donne envie d’en découvrir plus. Peu surchargé en détails et en effets, tout est lisible et au service de l’histoire. Un graphisme qui devrait plaire aux jeunes lecteurs.
Ce premier tome de Biguden est donc franchement encourageant, et je suis impatient de lire la suite. J’ai eu quelques éclats de rire, ce qui m’arrive finalement assez peu en lisant des BD.