The end of Oak street

Si tu ne viens pas à Jurassic Park, Jurassic Park viendra à toi et bouffera tous tes voisins.
En 1993, quand j’ai découvert Jurassic Park en salle, c’était un rêve éveillé. Comme la plupart des gosses, j’étais fan de dinosaures et je ne savais pas encore qu’ils ressemblaient plus à des grosses poules qu’à des dragons. Mais une chose était certaine, le cinéma du futur serait plein de terrifiants sauriens. Malheureusement, il n’en fut rien. La franchise ne cessa de produire des films de plus en plus mauvais et insipides et les quelques autres tentatives furent au mieux navrantes. Oui, je pense à toi, 65. Alors, je n’avais pas mis beaucoup d’espoir dans The End of Oak Street, même si quelques éléments permettaient d’être un peu enthousiaste. Déjà, le casting. McGregor et Hathaway, c’est plutôt pas mal. Ensuite, David Robert Mitchell derrière la caméra. Le réalisateur, à défaut d’avoir réalisé des films qui m’ont pleinement emballé, possède une vraie patte et une approche originale. It Follows renouvelait le genre horrifique avant d’être odieusement et mal pompé par Smile. Et Under the Silver Lake avait un certain charme surréaliste malgré ses longueurs.
Dans sa première partie, le film nous propose donc de découvrir une charmante petite famille américaine des années 80 et son charmant petit quartier paisible de banlieue. L’exposition n’est pas désagréable et permet de découvrir les fissures des personnages avant que leur quotidien ne bascule dans l’horreur. Si le développement des personnages n’a rien de particulièrement original, il suffit à donner l’épaisseur suffisante pour que le spectateur soit un minimum concerné par leur destin. Mais le vrai point fort du film est sa réalisation. Mitchell nous propose une mise en scène inventive et originale qui renouvèle un peu le genre. Que ce soit dans les travelings, les choix d’angles ou encore la gestion de la bande-son, il nous propose quelque chose qui a sa patte et démontre une vraie vision de réalisateur. On pourra cependant reprocher au film, comme un peu tous les films du réalisateur, un certain manque de rythme qui l’empêche d’être une montagne russe émotionnelle, mais qui ne permet pas non plus de développer vraiment en profondeur ses personnages. Le drame familial entouré de dinosaures aurait aussi pu être une approche intéressante, mais pour moi, c’est plus cosmétique qu’autre chose.
Une chose étrange dans le film, et je ne sais pas si c’est intentionnel ou si c’est un problème de budget, c’est l’étrange vide qui règne dans le quartier. En effet, le quartier est plutôt grand avec de nombreuses maisons. Et pourtant, on rencontre assez peu de survivants et finalement pas non plus beaucoup de cadavres. Le film donne souvent l’impression que la famille est la dernière survivante des lieux. Ça donne une atmosphère assez étrange aux scènes d’extérieur. Je serais vraiment curieux de savoir si c’est intentionnel de la part de Mitchell ou si c’est simplement que tout l’argent est parti dans les dinosaures qui sont plutôt bien faits.
The End of Oak Street est au final plutôt réussi et pourra satisfaire les amateurs de grosses bestioles sanguinaires, même si j’aurais aimé un peu plus de rythme et moins de gamins agaçants de bêtise.