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The Social Reckoning

Affiche


Un journaliste et une lanceuse d’alerte vont tenter de révéler la face sombre de Facebook.

The Social Reckoning est la suite de The Social Network de David Fincher. On ne reprend pas les mêmes, à part le scénariste, et on recommence. Alors que le premier film est considéré comme un des chefs-d’œuvre du 21e siècle par beaucoup, je dois dire que j’y ai toujours été un peu hermétique. Je vois très bien la qualité de la réalisation de Fincher, celle de la musique de Trent Reznor et Atticus Ross, mais je me suis ennuyé à chaque visionnage (2). Mais alors diable, qu’allait-il faire dans cette galère ? Eh bien, c’est une très bonne question à laquelle je n’ai aucune réponse.

Comme je le disais en préambule, on retrouve le scénariste Aaron Sorkin. Aaron Sorkin, c’est un peu un scénariste star. En effet, il est bien rare que le grand public puisse vous sortir le nom d’un scénariste. Mais s’il y arrive, le nom de Sorkin sera probablement le premier à sortir. Il a commencé sa carrière par le scénario de Des hommes d’honneur, mais ce qui l’a vraiment propulsé sur le devant de la scène, c’est la série West Wing qui s’intéressait au quotidien de la Maison-Blanche. Cette série nous donnait à découvrir une version idéalisée et palpitante de la politique américaine avec des personnes sincèrement préoccupées par le bien-être de leur prochain. La série se caractérisait par des personnes parlant et marchant vite dans des couloirs. Les dialogues ciselés, c’est la marque du bonhomme. C’est ce qu’on retrouvera dans The Social Network ou encore Moneyball. Mais voilà que depuis quelques années, le scénariste a décidé de passer derrière la caméra pour réaliser des films. The Social Reckoning est le premier que j’ai l’opportunité de voir.

Et je dois dire que ce premier essai n’est pas vraiment concluant, car je ressors avec une impression mitigée de ce film qui aborde les Facebook Files. Pour ceux qui ont oublié, au sortir du Covid et de la défaite de Trump, un journaliste américain a sorti de nombreux articles pour montrer au monde les conséquences néfastes sur la société de l’algorithme et des décisions du patron de Facebook. Le propos de Sorkin est très louable et on le sent révolté. Il veut mettre en avant la force du journalisme d’investigation et les errements moraux de Zuckerberg. Mais malheureusement, j’ai trouvé que bien souvent les dialogues sonnaient bien trop écrit pour en faire un bon film. En effet, lorsqu’on fait un film comme ça, il est difficile de trouver le bon équilibre. Il y a toujours un risque que le film ne soit finalement qu’une onéreuse démonstration rhétorique. Dans The Social Reckoning, bien souvent, les personnages s’effaçaient devant le propos. La palme revenant au personnage de Bill Burr, sorte de Jiminy Cricket du créateur de Facebook, qui n’a aucune ligne qui sonne crédible. J’ai toutefois beaucoup aimé la performance de Mikey Madison, qui est dans un rôle à l’exact opposé de son rôle de strip-teaseuse grande gueule dans le très bon Anora. C’est vraiment le seul personnage qui trouve grâce à mes yeux. Jeremy Allen White n’a malheureusement pas grand-chose à jouer dans le rôle du journaliste. Ah si, Jeremy Strong est totalement antipathique dans le rôle de Z, donc c’est aussi une performance réussie. Concernant la réalisation, je dois dire que je ne suis pas tombé de mon fauteuil. J’avais parfois l’impression d’être devant du théâtre filmé ; on est bien loin de la virtuosité de Fincher.

Le film a quand même ses qualités, l’interprétation de Madison donc. Mais j’ai également bien aimé son parti pris narratif assez intéressant qui alterne entre l’enquête journalistique, qui se déroule pendant le début de l’épidémie, et la préparation de Zuckerberg pour son audition au congrès lors des émeutes de janvier. Tout ça n’a eu lieu qu’il y a 5 ans, mais ça paraît être déjà un autre siècle, tant tout s’est accéléré et pas pour le mieux. Le film est également implacable pour nous montrer la monstruosité qu’est Meta, usine à pognon sans conscience. Cela fait des années que j’ai supprimé mes comptes Instagram et Facebook, et ce film a achevé de me convaincre que j’avais raison. Le film se termine d’ailleurs sur une note positive, plutôt naïve, pour mettre en exergue le journaliste et la vérité triomphante. Mais dans la réalité des faits, le film annonce au début du film qu’en 2020, Facebook est valorisé à 1000 milliards. En 2026, sa valeur est de 1880 milliards, donc autant dire que ça ou pisser dans un violon aurait eu le même effet. Et c’est donc déprimé et déçu que je suis sorti de ma séance.

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