Zalava

Dans un village paumé dans les montagnes en Iran, un militaire cartésien doit gérer l’hystérie collective générée par la présence d’un démon.
Alors, vous vous demandez probablement comment je suis tombé sur ce film d’horreur iranien. Eh bien voilà, je suis inscrit sur Letterboxd, où j’enregistre consciencieusement tous les films que je visionne. Dans les statistiques fournies par le site, il y a une carte du monde qui indique les pays dont j’ai vu au moins un film. Je n’avais donc jamais vu de film iranien et je voulais corriger le tir. Celui-ci était disponible sur Sooner, une plateforme de SVOD belge spécialisée dans le cinéma indé. Bon OK, c’était une belle histoire qui a failli être intéressante. Mais du coup, Zalava, ça va ?
Le film commence de manière assez forte et réaliste lorsque le héros confisque les armes aux villageois pour éviter qu’ils ne tirent sur une des jeunes femmes du village, car c’est apparemment le meilleur moyen de l’exorciser. Un des points forts du film est qu’il choisit de ne jamais vraiment prendre parti entre le cartésien militaire et l’exorciste engagé par les villageois. Le démon existe-t-il ou n’est-ce qu’une supercherie pour exploiter la crédulité des villageois ? La question reste ouverte, je pense, à la fin du film. C’est aussi l’occasion de découvrir la culture des campagnes iraniennes, mais également d’analyser la manière dont les foules réagissent.

Le film possède un petit ventre mou malgré sa durée assez courte, mais on reste malgré tout sur une note très positive avec toute la dernière partie, qui est pleine de tension et d’enjeux forts et qui mérite vraiment de donner sa chance au film. Je pense que c’est une erreur de classer ce film en horreur, car à part la potentielle présence surnaturelle d’un démon, il n’y a pas grand-chose qui fait frissonner. Le film est quand même ancré dans une certaine réalité et se situerait davantage dans le registre du drame. Même si je dois avouer qu’il y a une scène diablement efficace en termes de tension avec un bocal à cornichons vide.
D’un point de vue formel, Arsalan Amiri propose une réalisation solide avec de très jolis plans et une photographie réussie. Je trouve que l’idée de faire souffrir les villageois d’une maladie pigmentaire est très bonne et participe à l’ambiance du film, laissant imaginer qu’une malédiction les a effectivement frappés.
Zalava n’est pas un chef-d’œuvre, c’est un bon petit film qui vous donnera l’occasion de découvrir un cinéma aux thématiques différentes de ce que nous a offert le cinéma d’horreur asiatique ou occidental quand il est question de possession. Et puis, il y a un petit chat noir tout mignon.