Backrooms

Un vendeur de meubles découvre que son magasin recèle une porte secrète.
Backrooms est un pur produit de la culture internet, puisque son origine remonte à un délire né sur 4Chan autour de ses grands espaces de bureau vides et de leur moquette délavée. Ce phénomène a pris de l’ampleur et a fait l’objet d’une web-série qui a rencontré un succès monstre ces dernières années. C’est d’ailleurs Kane Parson, créateur de la série, qui se charge lui-même de son adaptation à l’écran, du haut de ses 20 ans. N’ayant pas vraiment suivi tout ce délire autour des espaces liminaires, je suis arrivé plutôt vierge dans la salle de cinéma.
Le film se passe dans les années 90 et commence par une séquence de found footage qui donne immédiatement le ton. À travers une image usée, rappelant les caméscopes de ma jeunesse, on déambule dans une série de couloirs jaunâtres et étranges. Le caméraman ne semblant pas très serein, on est instantanément sur le qui-vive, guettant le moindre bruit ou mouvement suspect. Jusqu’à la fin de cette première séquence, j’ai été agrippé à mon fauteuil. Le ton est donné.
Par la suite, on fait la connaissance des deux personnages principaux, à savoir Clark et Mary, sa psy. Kane Parson arrive à leur donner une consistance et une épaisseur en quelques scènes, ce qui permettra de mieux impliquer le spectateur dans la suite des aventures. Je ne vais pas trop en révéler, car l’un des grands plaisirs de ce film est de découvrir avec les personnages ces fameuses Backrooms et leur apparence si déstabilisante. Kane Parson, pour un premier film et malgré son jeune âge, propose une belle proposition cinématographique, avec des idées de mises en scène efficaces et un travail vraiment bluffant sur les décors, qui participent beaucoup au malaise ambiant. Il faut dire qu’il est bien aidé par Chiwetel Ejiofor, qui livre une très belle performance pour incarner ce personnage peu sympathique et parcouru par une tempête d’émotions. Là où le film m’a également surpris, c’est qu’il ne se contente pas d’être une œuvre horrifique : il aborde aussi des thèmes plus sérieux que je ne voudrais pas déflorer tant ils influencent le déroulement des évènements.
Si le film est excellent dans ses deux premiers tiers, il perd malheureusement un peu en force dans sa dernière ligne droite. Elle reste malgré tout efficace et procurera suffisamment d’adrénaline pour le spectateur en recherche de sensations, mais elle est plus classique dans son traitement et ne retrouve pas les hauteurs des débuts. Au final, Backrooms n’est pas qu’un très bon premier film, c’est un très bon film tout court, qui donne un sacré coup de fouet au genre.
Bien d’accord j’ai beaucoup aimé et je dois dire que les acteurs sont fantastiques: j’avais découvert cette actrice dans sentimental values, elle est aussi exceptionnelle je trouve, et sa silhouette avec ses longs bras minces participe à l’ambiance…et le décor et les costumes ils méritent tous les prix! Très triste évidemment comme la plupart des bons films d’horreur et aussi, je trouvais qu’il y avait une légère vibe « i saw the tv glow » même si j’ai beaucoup plus accroché à celui-ci!
Faudrait qu’on cause de ce que tu appelles « la dernière ligne droite » car je trouve que ça va bien avec les personnages. Ou alors tu parles vraiment des 100 derniers mètres où il faut bien donner une fin au film. Fin qui m’a convaincu. 🙂
Je fais référence à toute la séquence qui va du repas jusqu’à la presque toute fin.