Everything Everywhere All At Once

  • Année de sortie : 2022
  • Durée : 139 min
  • Réalisateur: Daniel Kwan, Daniel Scheinert
  • Acteurs principaux: Michelle Yeoh, Stephanie Hsu, Ke Huy Quan, Jamie Lee Curtis
  • Pays d’origine: USA

De quoi ça parle

Une immigrée chinoise possédant une laverie voit sa vie peu à peu partir en lambeaux. Alors que ses relations avec sa fille sont catastrophiques, elle doit en plus essayer de convaincre le fisc qu’elle n’est pas une fraudeuse. Et comme si ça ne suffisait pas, elle va en plus devoir sauver le Multivers.

Et alors, t’as aimé?

La hype, la qualité, tout en même temps?

Everything Everywhere All At Once qu’on appellera Everything pour le reste de cette critique, est la dernière pépite de A24. Depuis sa création en 2012, la société de production indépendante s’est faite une solide réputation avec des films comme Midsommar, Mid 90s ou encore The Green Knight. Ce sont souvent des films ambitieux et qui laissent beaucoup de liberté aux auteurs. Et Everything sorti il y a quelques mois ne semblait pas déroger à la règle et même se payer un certain succès aux USA uniquement sur le bouche à oreille. Le genre de phénomène de plus en plus rares tant les rouleaux compresseurs hollywoodiens ne laissent pas beaucoup de places aux autres pour faire leurs preuves. Everything possédait donc la hype, un concept d’histoire tournant autour du multivers qui faisait vibrer mon petit coeur de geek et en plus, il y avait Michelle Yeoh dans le rôle principal.

Dans la folie du multivers

Depuis quelques mois, le multivers est à la mode dans la pop culture. En effet, Marvel ayant fini son arc narratif autour des gemmes de l’Infini, ils en ont démarré un nouveau qui semble tourner autour des mondes alternatifs et du Multivers. Et voilà que sort un film indépendant semblant attaquer le sujet avec beaucoup plus de folie et d’inventivité. Il s’agit du deuxième film des Daniels qui avaient réalisé un intrigant buddy movie entre un cadavre et un suicidaire. Et ils font déjà montre d’un incroyable ambition visuelle. Le film regorge d’idées de mise en scène, de montage et de trouvailles visuelles pour raconter une histoire au rythme éreintant pour le spectateur. Car une fois l’intrigue est lancée, le film enchaînera les combats et scènes d’action dans un montage frénétique mais toujours lisible. Le film déborde d’humour et d’idées folles exploitant à fond les possibilités illimitées qu’offre un multivers. On retrouve des références aux grands réalisateurs chinois comme Wong Kar-wai, au travail Wachowski ou encore aux films Pixar. C’est parfois un humour pas très fin, mais personnellement, j’ai été conquis. Le film des Daniel est fou, bordélique et généreux, une sorte de Rick et Morty auquel on aurait enlevé le cynisme et le nihilisme. Un petit bémol tout de même, le film étant jusqu’au boutiste, il va jongler jusqu’au bout avec ces univers, même ceux qui auraient pu n’être qu’un gag passager. Ca sert à la fois le propos du film, mais ça m’a un peu empêché d’être totalement emporté par un final pourtant chargé en émotions.

Pour revenir sur du positif, parlons rapidement des acteurs qui livrent une excellente prestation, Michelle Yeoh en tête qui incarne plusieurs versions de son personnage avec talent et montre qu’elle a de beaux restes depuis Tigre et Dragon quand il s’agit de distribuer des tatanes. Pour conclure cette critique que j’ai eu un peu de mal à structurer, je vais vous livrer en vrac des trucs que j’ai adorés : les costumes, la BO de Son Lux, Jamie Lee Curtis, le plus barré des fusils de Tcheckhov , le monde des cailloux. Pour résumer, Everything me semble être le Matrix des années 2020. Un film de SF spirituel qui puise dans un paquet de références pour offrir un film d’actions fun et intelligent qui pourrait plaire au grand public sans le prendre pour un veau.

Et si tu n’allais pas le voir?

Le concept de multivers est basé sur le What-If (Et si), un concept où on imagine les conséquences d’une petite variation dans le déroulé de l’Histoire. Et si on avait pas inventé l’électricité? Et si tu n’étais pas allé vivre en Belgique? Et si tu n’allais pas voir ce film en salle? Et bien, pour ce dernier, ce serait un double gâchis. Tout d’abord, pour toi, car tu raterais une expérience cinématographique rare. Le spectacle proposé est tel qu’il mérite d’être vu sur grand écran. Le deuxième est que je connais de plus en plus de gens qui râlent que les blockbusters formatés et sans saveurs et les comédies françaises sans imagination trustent les programmations des cinémas. Alors, ce serait dommage de ne pas dépenser quelques euros pour aller voir ce film et montrer qu’il y a un public pour ce genre de films de SF indépendants ambitieux.

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