Freddie l’Arrangeur

Freddie, dans le milieu hollywoodien, s’occupe d’éviter la mauvaise publicité et les ennuis avec la justice aux stars du cinéma. Sauf que quand lesdites vedettes sont des loups-garous, des vampires, voire des dinosaures, forcément, c’est un peu salissant.
Lors de l’âge d’or d’Hollywood, les fixeurs étaient utilisés par les grands studios pour protéger leurs stars ou pour les tenir sagement en laisse en les faisant chanter. Flirtant très souvent avec la ligne rouge et n’hésitant pas à recourir à la violence, leurs activités n’étaient pas toujours bien légales. Rien d’étonnant à ce que des personnages aussi peu recommandables aient inspiré Garth Ennis. Si vous ne connaissez pas ce grand scénariste britannique, sachez qu’il est le créateur de The Boys ou encore de Preacher. C’est un scénariste que j’aime beaucoup et qui a un talent certain pour l’outrance et l’irrévérance.
Quand on s’attaque à Freddie l’Arrangeur, ce qui surprend dans un premier temps, c’est le nombre de pages. En effet, en France, les comics sont généralement publiés par recueil et contiennent au minimum 4 ou 5 épisodes, donc ils font plus d’une centaine de pages. Ici, on a à peine une quarantaine de pages. Mais la quantité de pages n’a jamais été un critère pour évaluer la qualité d’une bonne histoire. C’est juste surprenant. L’histoire commence très fort avec une scène gore et amusante qui permet à Ennis de bien placer son concept et le potentiel de l’histoire. Puis, on est rapidement embarqué dans une enquête aux côtés de Freddie, ce qui nous permet de découvrir différents aspects de cet univers. Malheureusement, la brièveté du récit fait que l’enquête est plutôt linéaire, et j’ai fini cette lecture en ayant eu l’impression de lire un pitch illustré à présenter à un studio pour une adaptation en série. Le talent d’écriture et de dialoguiste d’Ennis fait que j’ai passé un bon moment, mais c’est vraiment expédié, et je trouve que *Freddie* aurait vraiment eu le potentiel pour devenir une série au long cours, vu la thématique. Au dessin, Mike Perkins a un style réaliste, avec un encrage assez épais qui colle plutôt bien à l’histoire. J’avoue que ce n’est pas un gros coup de cœur. Mais il fait le job, et je pense que le style peut plaire, même si ce n’est pas vraiment ma came. Vous avez pu le voir sur l’adaptatio du Fléau notamment.
Au final, je recommande la lecture de Freddie l’Arrangeur, mais pas nécessairement son achat. Sauf pour les collectionneurs de Garth Ennis, mais ils ne m’auront probablement pas attendu.