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Upon Entry

Affiche

Un couple venant de Barcelone arrive aux États-Unis pour s’y installer. Au contrôle des douanes US, le douanier les invite à le suivre pour clarifier certaines choses.

Je me souviens qu’à sa sortie, la bande-annonce de ce film m’avait donné des angoisses dans mon fauteuil de cinéma. Je me projetais complètement dans ce couple qui semblait faire face à la froideur et la bêtise de l’administration. N’ayant pas eu l’occasion de le voir en salle, j’ai sauté dessus quand il est apparu sur la plateforme Sooner. Et en plus, comme il ne dure que 1 h 17, il partait déjà avec un a priori très positif.

Je pense justement que c’est un des points forts du film. Avec une durée courte, le scénario n’a pas le temps de se perdre en rebondissements et détours alambiqués. Il va droit au but et offre un récit qui donne une illusion de temps réel, alors que les protagonistes vont passer de nombreuses heures enfermés dans les bas-fonds de l’aéroport. Le scénario est aussi assez malin car il joue beaucoup avec le concept du fusil de Tchekhov, qui veut que si on vous montre un fusil, tôt ou tard il servira. Ici, les réalisateurs se sont donc amusés à disséminer différents coups de coude au spectateur. Certains déboucheront sur des rebondissements, d’autres ne seront d’aucune utilité, sauf celui d’avoir fait monter le stress du spectateur. Le scénario est aussi extrêmement retors dans sa manière de manipuler le spectateur. Au début des ennuis, on est de tout cœur du côté de ce couple qui est venu s’installer à Miami. Les agents ont les pleins pouvoirs. Ils vous siphonnent le portable, le PC, vous demandent vos mots de passe. L’impression que les moindres recoins de votre vie privée leur sont accessibles. Puis, au fur et à mesure que les agents fédéraux déroulent leur interrogatoire et leurs soupçons, la situation ne devient plus si claire et, à l’instar des personnages principaux, le doute s’immisce.

Ce qui rend ce scénario efficace, c’est indéniablement la qualité de l’interprétation des différentes actrices, quel que soit le côté du bureau. Mais évidemment, le couple d’immigrés remporte la part du lion avec une interprétation très forte et en maîtrise, qui donne une impression documentaire et de vérité à ce qui reste une œuvre de fiction. La réalisation est économe en moyens, avec des champs/contre-champs dans de petits bureaux mal éclairés et anonymes. Cela retranscrit vraiment cette impression kafkaïenne que l’administration peut vous broyer à tout moment pour un oui ou pour un non. Malgré son manque de moyens, le film ne fait pas fauché et la photographie est plutôt réussie.

Sorti avant la réélection de Donald Trump et le durcissement des contrôles douaniers, le film donne déjà froid dans le dos et ôte toute envie de se rendre au pays de l’Oncle Sam. Je ne sais pas si Upon Entry sera facile à retrouver en dehors des plateformes plus orientées cinéma indépendant. Mais si jamais il passe dans vos recommandations, vous pouvez y aller. Attention, toutefois, si vous souffrez d’hypertension.

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