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Uri Tupka et les Dieux

Couverture

Le vieil Uri Tupka part à la recherche des dieux et il a des questions à leur poser.

Depuis quelques années maintenant, l’univers d’Hellboy a atteint son terme. Il y a bien quelques récits qui complètent les trous, mais Mignola, le créateur de cette mythologie, supervise tout ça de plus ou moins loin. Et il n’a plus dessiné de planches. Mais voilà que depuis peu, il a lancé un tout nouvel univers : celui des contes étranges des contrées inconnues. Et non seulement il scénarise lui-même les histoires, mais en plus il s’occupe de l’illustration. Du moins pour une partie des histoires, puisqu’il a co-créé cet univers avec Stenbeck. Fin 2025, on a eu droit à un petit recueil de récits courts qui donnaient un avant-goût de cet univers et de ses possibilités. Mais avec ce tome-ci, nous avons droit au premier récit long.

Uri Tupka et les Dieux nous raconte donc le pèlerinage d’un vieux monsieur, semblant être l’avatar de Mignola lui-même, comme il l’avoue d’ailleurs dans la postface. Le choix de nous raconter l’errance du personnage donne à l’artiste l’opportunité idéale de nous faire découvrir ce monde étrange peuplé de créatures et de mystères. C’est également l’occasion pour Mignola de laisser libre cours à son imagination. Chaque page ou presque est l’occasion de découvrir de nouveaux concepts, de nouvelles merveilles. C’est un vrai plaisir de découvrir toutes ces créations. Bien souvent, il y rajoutera des détails historiques ou mythologiques qui permettent de nourrir le lore des contrées inconnues. On sent vraiment le plaisir qu’a Mignola à défricher ce territoire vierge où tout est possible et l’imagination est sa seule limite. On retrouve bien sûr toutes les influences de l’auteur, que ce soit le vieux folklore ou encore les horreurs de Lovecraft. On y croisera donc des sorcières, le diable, mais aussi des dragons aquatiques ou encore des rhinocéros humanoïdes. Malgré cette impression de fourre-tout, ce tome nous propose une histoire intrigante sur le devenir des dieux et j’ai trouvé la résolution plutôt bien trouvée. Et d’ailleurs, la ressemblance entre le héros et son créateur donne un aspect méta plutôt bien senti à tout ça.

Case de BD

N’ayant pas vraiment d’accroche avec notre monde et ne proposant pas réellement un fil conducteur fort, Uri Tupka pourrait désarçonner les lecteurs en quête d’un récit de fantasy classique. Mais si vous appréciez de vous laisser porter et aimez la découverte, alors vous pourriez apprécier cette lecture. Car Mignola est un grand conteur et propose une histoire plutôt rythmée et riche. Et nous avons là un artiste qui maîtrise totalement son art, tant narratif que visuel. Certaines planches sont de toute beauté et méritent que l’on s’y attarde longuement. Le dessinateur est d’ailleurs accompagné à la couleur par le fidèle Dave Stewart, qui fait encore des merveilles. J’ai vraiment hâte de retrouver Uri Tupka pour découvrir la fin de ses aventures et j’espère que Mignola continuera encore longtemps à nous faire découvrir ses contes oubliés des contrées inconnues.

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