Deux frères à Hollywood

  • Année de publication: 2019
  • Éditeur : 21g
  • Tomes: 1
  • Nombre de pages: 106
  • Scénariste: Alex Nikolavitch
  • Dessinateur: Félix Ruiz

De quoi ça parle?

C’est l’histoire de deux frangins, Walt et Roy, qui ont donné naissance au plus grand empire du divertissement que la Terre ait jamais porté.

Et alors, t’as aimé?

Une biographie en bande-Disney

Je ne suis en général, pas tellement client des biographies en bande-dessinées. Je trouve l’exercice rarement intéressant. Tout comme les biographies au cinéma, on a souvent une suite de scènes qui s’enchaînent sans point de vue. On en ressort avec l’impression d’un survol d’une fiche wikipedia. Mais voilà, j’aime beaucoup ce que fait Alex Nikolavitch (voir ma critique des trois coracles). Et j’avais beaucoup aimé sa biographie sur Lovecraft, déjà chez 21g. Alors forcément quand il s’attaque à la vie de Walt Disney, personnage haut en couleur, ça attise ma curiosité.

C’est le Walt qu’on préfère

Et je n’ai pas été déçu. C’est une vrai BD que nous avons dans les mains. Les deux auteurs passent certes en revue la vie de Disney et son frère, mais il y a un vrai travail narratif. A travers la vie des deux frères, c’est aussi une bonne partie de l’histoire du 20ème siècle qui défile sous nos yeux. Tout d’abord l’histoire du cinéma, mais aussi les guerres, la chasse aux communistes. Car les Disney y seront étroitement mêlés. Je vous laisse découvrir cette projection surréaliste de Blanche Neige. Comme il l’explique dans sa préface Nikolavitch n’a pas voulu dresser un portrait à charge ou béat du personnage. Et en effet, il a réussi à montrer à la fois les coups de génie, la force de caractère du bonhomme, mais aussi sa face moins reluisante. Le personnage de Roy est un peu plus effacé, mais j’ai trouvé les dernières planches le concernant vraiment bien vues. La centaine de pages se lit d’une traite grâce à une narration rythmée et des ellipses bien gérées.

La naissance de Mickey©

Des dessins qui cartoonent

Mais parlons un peu du travail de Félix Ruiz au dessin. Car après tout, c’est quand même au moins aussi important qu’un bon scénario. Je ne pense pas avoir déjà lu une BD de ce dessinateur. Et je suis assez surpris par sa fiche bédéthèque qui me semble le confondre avec un autre Ruiz. Ou alors, il est capable de modifier son dessin du tout au tout. Car entre du Batman et les dessins tout en rondeur de Deux frères, il y a un monde! J’ai bien aimé le parti pris cartoonesque de la BD. Je trouve que ça correspond bien au thème. Et ce dessin à base de gros nez et plein de couleurs offre parfois un étonnant contraste avec ce qui est raconté. Car la vie de Walt, comme ses films n’a pas toujours été idyllique, loin de là. Mais le dessin ainsi que les dialogues permettent de rendre l’ensemble léger. Le découpage est également très réussi, permettant de renforcer ce que les auteurs veulent dire ou de donner du rythme à l’histoire. Pour ne pas être totalement dithyrambique, j’ai trouvé parfois que malgré un dessin techniquement irréprochable, les cases manquaient un peu de vie, que les corps semblaient un peu figés.

Un Disney pas classique

Pour conclure je dirai que c’est une jolie réussite de Nikolavitch et Ruiz qui ont réussi à dresser le portrait d’un personnage complexe à travers la narration d’une vie pleine de rebondissements, de paris et de coups bas. Ils évitent l’écueil d’un récit trop scolaire ou l’empilement de scénettes. C’est une vraie bonne BD et il s’avère qu’elle parle de Disney.

2 réflexions sur “Deux frères à Hollywood

  • 27 juin 2019 à 8 h 16 min
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    Bonjour les amis de “Chez Monsieur G.”
    Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour la critique de “Deux frères d’hollywood”, je pense que vous avez parfaitement saisi les intentions de l’album et le travail de contrepoint du dessin.
    En effet, je suis le même Félix Ruiz qui a dessiné Wolverine, Batman, Halo, etc., etc.
    En tant que dessinateur, je trouve très amusant et nécessaire de s’adapter à chaque histoire. J’en suis conscient, c’est un risque, car il n’est pas habituel pour un dessinateur de changer de style fréquemment, mais dans mon cas, je considère cela comme une nécessité presque vitale. Cela ne peut pas toujours réussir, mais je considère personnellement que c’est un chemin d’apprentissage constant.
    Les scripts d’Alex Nikolavitch sont fantastiques, car il est capable de raconter l’histoire que le monde connaît toujours différemment et apporte de nouveaux points de vue, et cela ne peut être fait que par des écrivains ayant une grande personnalité et une connaissance du support dans lequel ils travaillent.
    Attendez de voir ce qui est nouveau dans ce que nous travaillons !!!!! 🙂
    Salutations très cordiales.

    f.

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    • 27 juin 2019 à 10 h 39 min
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      Merci pour votre commentaire Félix. Je suis encore plus admiratif du résultat. J’ai toujours été fasciné par les dessinateurs qui savent adapter leur dessin aux besoins de l’histoire. Félicitations. J’ai hâte de voir vos prochains projets.

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