Hello Sunshine

Alex, adolescent un peu perturbé, a disparu. Personne ne sait où il a pu aller. Mais ses amis sont bien décidés à le retrouver où qu’il soit. Dans ce monde ou dans un autre.
Je vous avais déjà succinctement présenté l’éditeur Bliss lors de ma critique d’ Écuyère. L’éditeur, outre la publication des comics Valiant et Bad Idea comme The Ends, a aussi pour volonté de publier des récits LGBT-friendly. Hello Sunshine est clairement dans cette ligne éditoriale en mettant en scène un groupe d’adolescents aux sexualités variées. Mais ce n’est clairement pas le cœur du récit, même si certaines difficultés sont abordées avec finesse.
Dès les premières pages, je suis tombé sous le charme du dessin de Keezy Young. Iel n’a pourtant pas un dessin flashy ou virevoltant. Mais c’est le genre de trait expressif et minimaliste qui me touche toujours beaucoup. J’ai aussi beaucoup aimé la gamme de couleurs qu’iel utilise et qui donne un petit côté vieux comics pulp au récit, mais en même temps moderne. J’ai aussi beaucoup aimé sa gestion visuelle des séquences horrifiques, que ce soit par l’utilisation des bulles de texte, la distorsion des décors ou encore l’apparence des démons que ne renierait pas Mike Mignola.

Concernant le récit en lui-même, j’ai bien aimé la construction des personnages qui sont chacun à leur tour le point de vue d’un chapitre. L’histoire, qui baigne dans le fantastique, aborde aussi frontalement et intelligemment les maladies mentales et comment elles affectent ceux qui en souffrent mais également leur entourage. La postface de l’auteurice est d’ailleurs très touchante. Hello Sunshine avait donc tout pour être un gros coup de cœur. Mais je pense que ce roman graphique de presque 400 pages aurait gagné à être plus condensé. J’ai trouvé que certains passages faisaient redite ou traînaient un peu en longueur. Quoi qu’il en soit, je retiens le nom de Keezy Young et j’espère pouvoir rapidement découvrir sa prochaine œuvre.