Lovecraft country

  • Année de publication: 2019
  • Pages: 400
  • Auteur: Matt Ruff
  • Traducteur: Laurent Philibert-Caillat 
  • Comédien: Julien Allouf
  • Éditeur: Presses de la cité (Audible pour l’audiobook)

De quoi ça parle?

Dans l’Amérique ségrégationiste des années 50, Atticus, un jeune vétéran noir de la guerre de Corée doit faire face au racisme le plus ordinaire mais aussi à des dangers plus obscurs pour retrouver son père.

Et alors, t’as aimé?

Un plaisir de lecture loin d’être indicible

Depuis quelques années, Lovecraft est sur le devant de la scène. Que ce soit des essais, des retraductions titanesques, des bandes dessinées ou encore des mangas, l’écrivain de Providence est hype. Et ce n’est pas pour me déplaire car si le bonhomme n’avait pas des opinions politiques très recommandables ( raciste et antisémite), il a laissé une oeuvre puissante et originale qui a profondément influencé notre appréhension de l’horreur. Lovecraft Country est une de ses oeuvres qui utilisent l’imaginaire lovecraftien sans vraiment utiliser directement son univers. Et en ajoutant à l’horreur fantastique, celle terriblement plus réaliste du racisme, Matt Ruff nous convie à visiter le pays de Lovecraft.

Et c’est peut-être là, l’erreur du roman ou en tout cas ce qui ne m’a pas plu. Quand Matt Ruff nous décrit toutes les violences physiques et morales que doivent subir les personnages car ils sont noirs, on ressent une vraie tension, du stress et de l’indignation. La réalité est parfois bien plus effrayante qu’un gros poulpe ailé au fond de l’Océan. Et d’ailleurs, après quelques pages, je me demandais vraiment comment Ruff allait faire pour basculer dans le fantastique et surtout le rendre à minima aussi impressionnant que le reste. Et pour moi, il n’y arrive jamais vraiment. L’aspect fantastique de son roman est, je trouve, totalement raté, ce n’est ni bien original, ni vraiment trépidant et ce fil rouge qui unit les différentes histoires est bien trop ténu pour titiller la curiosité.

Le roman est à la fois une histoire complète et un recueil de nouvelles. Chaque chapitre est une histoire semi-indépendante qui permet de découvrir les différents aspects de la ségrégation et du racisme qui avaient cours aux Etats-Unis dans les années 50 que ce soit lors d’un voyage en voiture, de l’achat d’une maison ou tout simplement lorsqu’on est une femme de couleur. C’est d’ailleurs ce chapitre qui aborde la différence de perception entre une femme noire ou blanche dans une version Jekyll et Hyde que j’ai trouvé le plus réussi et original. Plus généralement, c’est cette description de l’horreur du quotidien qui m’a empêché d’abandonner ma lecture en cours de route. Comme pour Blanc autour, on est souvent choqué de découvrir jusqu’où peut s’abaisser l’humain. Pour être honnête, je n’ai pas lu le dernier chapitre, car il était absent de mon audiolivre. Mais après avoir lu un résumé détaillé, je doute que ça aurait fondamentalement modifié ma perception de l’oeuvre.

J’ai lu de très bon retours sur Lovecraft Country, le roman a même été récemment adapté en série télé, donc c’est que l’oeuvre a plu. Mais personnellement, j’aurai du mal à la recommander car je me suis un peu ennuyé. C’est peut-être aussi du à la lecture du comédien qui n’était pas spécialement énergique. Dans un style différent, je vous conseillerai la Ballade de Black Tom de Victor Lavalle, un auteur noir, qui se réapprorpie une nouvellle très raciste de Lovecraft. C’est une novella de 144 pages très efficace.

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