Instantanés d’Ambre

  • Année de publication: 2015 pour la VO, 2020 pour le poche VF
  • Pages: 300 pour l’édition poche
  • Titre original: Kohaku no matataki
  • Autrice: Yôko Ogawa
  • Traductrice : Rose-Marie Makino-Fayolle
  • Éditeur: Actes Sud / Babel

De quoi ça parle?

Suite à la mort de leur petite soeur, 3 frères et soeur se retrouvent isolés du reste du monde par leur mère. Ils vivront reclus plusieurs années dans une maison garnie d’encyclopédies en tout genre.

Et alors, t’as aimé?

Pas instantanément séduit, mais finalement conquis sans l’ambre d’un doute

Pioché au hasard chez mon libraire, il n’y a pas spécialement de petite histoire à raconter sur le pourquoi de cette lecture. Je voulais lire un auteur ou une autrice japonaise, mon oeil s’est porté sur l’étrange couverture et le résumé en quatrième de couverture m’a intrigué. Voilà pourquoi quelques semaines plus tard, vous vous retrouvez à lire cette critique du dernier roman de Yoko Ogawa, autrice japonaise qui semble jouir d’une très bonne réputation en France.

Je n’ai pas tout de suite été séduit par le roman. L’histoire alterne deux intrigues. Une au présent où Ambre, le frère du milieu est un vieux monsieur dans ce qui semble être une maison de retraite et qui nous révèle donc que l’isolement prendra fin. La seconde se passe dans le passé d’Ambre et va raconter le quotidien de ces enfants enfermés. Le ton est étrange, le récit un peu décousu, pas toujours facile à suivre, comme s’il nous manquait des clefs. J’ai finalement pris le parti de me laisser porter et de savourer l’écriture d’Ogawa car son style et son sens de la formule me plaisaient beaucoup. Peu à peu, tout s’est éclairé pour me donner à lire une histoire assez singulière. En effet, en se retrouvant enfermé avec les enfants, on voit ce monde cloisonné à travers leurs yeux. Le roman verse imperceptiblement dans le réalisme magique où on ne sait plus bien qu’elle est la limite entre le réel et l’imagination fertile d’enfants qui leur permet d’adoucir l’horreur de leur quotidien. Cela donne des passages très émouvants comme la naissance des fameux instantanés d’Ambre que je ne voudrais pas déflorer ici. Le roman est toujours en équilibre entre la féérie dans laquelle se réfugie les enfants et la dureté de l’isolement qu’ils vivent. J’ai aussi beaucoup aimé l’amour qui unit ses quatre frères et soeurs, les trois vivants et la morte. Il m’a beaucoup ému. Ogawa ne verse pas dans le mélodrame ou les gros effets. Elle sème des petits éléments qui rappellent constamment au lecteur l’horreur de la situation en instillant une sorte de malaise inconscient.

Après cette première incursion dans l’oeuvre d’une autrice prolifique, je suis ressorti conquis. Son style est d’une dureté douce assez remarquable. L’horreur côtoie le merveilleux pour offrir une oeuvre originale et émouvante.

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